{"id":31,"date":"2016-05-30T22:08:36","date_gmt":"2016-05-30T20:08:36","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/www\/SP-dev\/?page_id=31"},"modified":"2017-09-19T12:33:04","modified_gmt":"2017-09-19T10:33:04","slug":"approche-conceptuelle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/demarche-scientifique\/approche-conceptuelle\/","title":{"rendered":"Approche conceptuelle"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\">Comprendre les rapports de l\u2019un et du multiple \u2013 c\u2019est l\u00e0 une interrogation aussi ancienne qu\u2019un d\u00e9fi redoutable. La r\u00e9alit\u00e9 sociale, objet complexe par excellence, n\u2019\u00e9chappe \u00e9videmment pas \u00e0 ce questionnement et le programme Soci\u00e9t\u00e9s plurielles voudrait \u00eatre sa bo\u00eete de r\u00e9sonance en contestant la dimension apor\u00e9tique qu\u2019on lui pr\u00eate traditionnellement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">Penser la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Notre premier d\u00e9fi est d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique<\/strong>. Dans un contexte post-structuraliste, o\u00f9 le postmodernisme et la d\u00e9construction ont laiss\u00e9 durablement leur empreinte, comment peut-on encore utiliser ce vocable trop simple, trop traditionnel et trop convenu de \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb ? D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, ne risque-t-on pas, comme il en va \u2013 nous dit-on \u2013 dans la physique contemporaine, de d\u00e9truire notre objet d\u2019\u00e9tude par le simple fait de poser un regard ac\u00e9r\u00e9 et hyper analytique sur lui ? Et le refus justifiable de toute forme d\u2019essentialisme n\u2019aboutit-il pas \u00e0 formuler des hypoth\u00e8ses aussi radicales les unes que les autres, mais qui, pour novatrices qu\u2019elles soient, conduisent \u00e0 des formes d\u2019agnosticisme qui sont comme les trous noirs de la science positive ? Notre groupe de recherche est divers, et fait usage d\u2019un large spectre d\u2019acceptions de la notion de \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb ; pour autant, nous nous accordons sur la pertinence et, pour ainsi dire, l\u2019op\u00e9rativit\u00e9 de cette derni\u00e8re notion : autrement dit, sur le fait que quelque chose qui s\u2019appelle soci\u00e9t\u00e9 est bien observable et identifiable dans un espace-temps donn\u00e9 et n\u2019est ni une illusion de la conscience vulgaire ni celle d\u2019une demi-science trop na\u00efve. Car comment penser le \u00ab\u00a0multiple\u00a0\u00bb sans le \u00ab\u00a0un\u00a0\u00bb ? Comment penser \u00ab\u00a0le pluriel\u00a0\u00bb \u2013 la pluralit\u00e9 \u2013 sans la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">La notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Un deuxi\u00e8me d\u00e9fi, toujours d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique, revient \u00e0 donner \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb (pluralit\u00e9) un contenu conceptuel, qui aille au-del\u00e0 de l\u2019acception commune du terme et qui soit en mesure de <strong>subsumer les diff\u00e9rentes expressions sociales du \u00ab\u00a0multiple\u00a0\u00bb<\/strong>. \u00ab\u00a0Ce qu\u2019il y a de plus difficile, c\u2019est de voir ce qui est \u00e9tal\u00e9 sous nos yeux\u00a0\u00bb, disait le philosophe Wittgenstein. \u00ab\u00a0Ce qui est \u00e9tal\u00e9 sous nos yeux\u00a0\u00bb, c\u2019est le r\u00e9el \u2013 le ph\u00e9nom\u00e8ne, ce qui appara\u00eet \u2013 dans son \u00e9vidence. Une \u00e9vidence qui s\u2019impose \u00e0 tous. Qui contesterait le fait que nos soci\u00e9t\u00e9s ne soient \u00ab\u00a0plurielles\u00a0\u00bb ; qu\u2019elles tendent chaque jour \u00e0 l\u2019\u00eatre davantage en raison, notamment, des migrations ; et qu\u2019il n\u2019est gu\u00e8re de soci\u00e9t\u00e9 \u00e9loign\u00e9e et \u2013 diraient certains \u2013 \u00ab\u00a0pr\u00e9serv\u00e9e\u00a0\u00bb, dont l\u2019avenir ne sera sinon m\u00e9lange et m\u00e9tissage, du moins complexit\u00e9 et pluralit\u00e9 ? \u00ab\u00a0Ce qu\u2019il y a de plus difficile\u2026\u00a0\u00bb Une trop grande familiarit\u00e9 emp\u00eache de voir\u2026 et par cons\u00e9quent de penser, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019appr\u00e9hender, de mesurer, et de conceptualiser. Notre projet de recherche na\u00eet de la vive conscience que son sujet risque justement d\u2019\u00eatre par trop \u00e9vident, par trop actuel, par trop \u00ab\u00a0soci\u00e9tal\u00a0\u00bb. Et que le danger de trouver confort et paresse intellectuels \u00e0 analyser de fa\u00e7on superficielle cette diversit\u00e9 et pluralit\u00e9 n\u2019est pas petit, surtout si on devait le faire \u00e0 l\u2019horizon d\u2019un certain nombre d\u2019\u00ab\u00a0affects tristes\u00a0\u00bb \u2013 pour parler comme Spinoza \u2013, d\u2019inqui\u00e9tudes, de fantasmes ou, en sens contraire, d\u2019affects positifs et messianiques. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 donc : avec la crainte de perdre son identit\u00e9 ; de l\u2019autre, avec l\u2019esp\u00e9rance de d\u00e9passer le holisme national en vue d\u2019un cosmopolitisme int\u00e9gral.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">Comment notre objet intellectuel est-il construit ?<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Premi\u00e8rement, nous partons d\u2019une acception large de la <strong>notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb, entendue comme discontinuit\u00e9 observable dans un espace-temps social donn\u00e9<\/strong>. Ces discontinuit\u00e9s peuvent \u00eatre le r\u00e9sultat de la mobilit\u00e9 humaine, ou intrins\u00e8ques \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ; elles peuvent s\u2019inscrire dans la synchronie ou pr\u00e9senter un caract\u00e8re \u00e9volutif ; elles peuvent s\u2019exprimer dans le registre des formes symboliques (religion, langue, art, etc.) ou dans le registre temporel (les multiples trajectoires d\u2019un m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne historique); enfin ces discontinuit\u00e9s rev\u00eatent une dimension axiologique lorsqu\u2019elles emportent l\u2019adh\u00e9sion ou deviennent un objectif \u00e0 atteindre (et dans ce cas on parle de pluralisme comme valeur d\u00e9mocratique) ou, au contraire, lorsque le discontinu et la diversit\u00e9 engendrent rejet et marginalisation. Cette d\u00e9finition, pour ne pas \u00e9puiser le contenu de la notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb, d\u00e9ploie tout autant de probl\u00e9matiques et d\u2019angles de vue que le programme Soci\u00e9t\u00e9s plurielles entend aborder.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Deuxi\u00e8mement, nous introduisons une <strong>dimension comparative d\u2019ordre historique<\/strong>, autrement dit, nous faisons appel \u00e0 l\u2019\u00e9tude des \u00e9poques recul\u00e9es \u00e0 la fois pour elles-m\u00eames, en tant que survivances m\u00e9morielles engendrant des discontinuit\u00e9s symboliques et \u00e9galement parce que nous vivons et agissons selon la dynamique du pass\u00e9 vivant \u2013 s\u2019il est vrai que, comme Auguste Comte l\u2019a dit dans une formule frappante : \u00ab\u00a0les morts gouvernent les vivants\u00a0\u00bb. Rappelons, \u00e0 titre d\u2019exemple, la dialectique \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019\u00e9tude de ce qui est contemporain et dans celle de l\u2019Antiquit\u00e9 chez de nombreux sociologues dont Max Weber et Samuel Noah Eisenstadt. En se penchant sur les religions anciennes, ni l\u2019un, ni l\u2019autre ne nourrit un int\u00e9r\u00eat antiquaire pour les temps recul\u00e9s mais ils cherchent tous deux \u00e0 expliquer le changement social en g\u00e9n\u00e9ral et les m\u00e9canismes \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 leur \u00e9poque en particulier. Certes, d\u2019un point de vue m\u00e9thodologique, on ne doit pas perdre de vue que les \u00e9poques historiques sont des \u00ab\u00a0territoires des \u00e9carts\u00a0\u00bb, pour reprendre une formule de Florence Dupont. Leur \u00e9tude est n\u00e9anmoins un instrument heuristique incontournable pour penser le contemporain.\u2028 L\u2019\u00e9paisseur analytique et l\u2019\u00e9paisseur historique du \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb sont les deux instruments \u00e9pist\u00e9mologiques qui nous aident \u00e0 aller au-del\u00e0 de la simple \u00e9vidence.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\">Quels questionnements cette notion suscite-t-elle ?<\/h2>\n<p style=\"text-align: left;\">\n<p style=\"text-align: left;\">De notre synergie intellectuelle quelques id\u00e9es et objectifs majeurs ont surgi.\u2028D\u2019une part, il s\u2019agira de renouveler les approches portant sur les effets de la circulation des hommes et des biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels. Le monde contemporain se vit et se lit \u00e0 travers <strong>les paradigmes de la mondialisation et de la globalisation<\/strong>. L\u2019humanit\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019exp\u00e9rience de tels ph\u00e9nom\u00e8nes (la M\u00e9diterran\u00e9e antique, le si\u00e8cle des grandes d\u00e9couvertes, l\u2019apr\u00e8s-guerre) mais l\u2019intensit\u00e9 et l\u2019ampleur de la mobilit\u00e9 plan\u00e9taire semble sans pr\u00e9c\u00e9dent. Se pose l\u00e9gitimement la question d\u2019\u00e9valuer la port\u00e9e de ce changement d\u2019\u00e9chelle. \u2028Quelle est l\u2019image qui rend le mieux compte de cette r\u00e9alit\u00e9 : celle du \u00ab\u00a0village plan\u00e9taire\u00a0\u00bb \u2013 \u00ab\u00a0small world\u00a0\u00bb \u2013 ou celle d\u2019un retour au territoire ? Doit-on opposer ces deux visions ou les articuler dans une dialectique \u00e0 d\u00e9finir ? Comment se con\u00e7oivent, dans ce contexte, les cat\u00e9gories de \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb ? L\u2019\u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb existe-t-il ? Comment la cat\u00e9gorie de \u00ab\u00a0virtuel\u00a0\u00bb (Internet) intervient-elle dans la d\u00e9finition et la perception du \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb et de l\u2019\u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Le <strong>ph\u00e9nom\u00e8ne de la reterritorialisation<\/strong> soul\u00e8ve une autre question, d\u2019ordre anthropologique. Sommes-nous en train d\u2019assister \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration du \u00ab\u00a0milieu\u00a0\u00bb parmi les facteurs qui d\u00e9terminent l\u2019homme ? Autrement dit, sommes-nous en train de renoncer ou d\u2019adapter l\u2019adage cart\u00e9sien : \u00ab\u00a0j\u2019\u00e9tais une substance dont toute l\u2019essence ou la nature n\u2019est que de penser, et qui, pour \u00eatre, n\u2019a besoin d\u2019aucun lieu, ni ne d\u00e9pend d\u2019aucune chose mat\u00e9rielle\u00a0\u00bb ? Chercheurs occidentaux et non-occidentaux proposent aujourd\u2019hui un nouveau cadre conceptuel pour penser la d\u00e9termination de l\u2019homme et notre programme devra aborder \u00e9galement cette question.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n<p style=\"text-align: left;\">D\u2019autre part, on reposera <strong>la question des processus de \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des soci\u00e9t\u00e9s plurielles<\/strong>. Un nombre important de concepts anthropologiques, sociologiques ou historiques ont \u00e9t\u00e9 forg\u00e9s pour d\u00e9crire et expliquer les ph\u00e9nom\u00e8nes qui surgissent lorsque deux ou plusieurs cultures entrent en contact. Celles-ci empruntent, s\u2019hybrident, r\u00e9sistent ou s\u2019assimilent. Derri\u00e8re ces r\u00e9sultats observables et partiellement quantifiables, ce sont des processus de production de sens qui se mettent en place et ce sont eux qui nous int\u00e9ressent tout particuli\u00e8rement. Comment les soci\u00e9t\u00e9s cr\u00e9ent-elles du symbolique, dans quelles conditions et en appliquant quelles m\u00e9thodes ? Entre \u00ab\u00a0acculturation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bricolage\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0branchements\u00a0\u00bb, quelle grille de lecture devrait \u00eatre appliqu\u00e9e et \u00e0 quel contexte ?<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n<p style=\"text-align: left;\">Enfin, nous nous attacherons \u00e0 <strong>revisiter la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et de sa pr\u00e9dictibilit\u00e9<\/strong>. Si pr\u00e9c\u00e9demment nous avons mentionn\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de reconsid\u00e9rer les cat\u00e9gories du \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb, une approche innovante s\u2019impose \u00e9galement dans l\u2019\u00e9valuation des cat\u00e9gories d\u2019\u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb et d\u2019\u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb. Le conflit et la r\u00e9silience, la crise et la sortie de crise, la r\u00e9volution et la post-r\u00e9volution : ce sont autant de faits dont la mod\u00e9lisation ob\u00e9it elle-aussi \u00e0 la logique de la pluralit\u00e9. Ils exigent une r\u00e9flexion d\u2019ordre tant acad\u00e9mique que pratique qui recoupe de multiples approches. Diagnostiquer la situation de rupture, ses facteurs de risque \u2013 qu\u2019ils soient historiques, \u00e9conomiques, politiques, religieux, ou environnementaux \u2013, \u00e9laborer des strat\u00e9gies de d\u00e9passement et de retour au temps ordinaire, \u00e9valuer les cons\u00e9quences de l\u2019\u00e9v\u00e8nement sur le plan de l\u2019individu ou du groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">\n<pre><a href=\"http:\/\/societesplurielles.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Bibliographie-SP.pdf\" target=\"_blank\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-366\" src=\"http:\/\/societesplurielles.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/pdf-icon-e1466586473744.png\" alt=\"pdf-icone\" width=\"48\" height=\"48\" \/>\r\nConsultez la bibliographie de Soci\u00e9t\u00e9s plurielles<\/strong><\/a><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comprendre les rapports de l\u2019un et du multiple \u2013 c\u2019est l\u00e0 une interrogation aussi ancienne qu\u2019un d\u00e9fi redoutable. La r\u00e9alit\u00e9 sociale, objet complexe par excellence, n\u2019\u00e9chappe \u00e9videmment pas \u00e0 ce questionnement et le programme Soci\u00e9t\u00e9s plurielles voudrait \u00eatre sa bo\u00eete de r\u00e9sonance en contestant la dimension apor\u00e9tique qu\u2019on lui pr\u00eate traditionnellement. &nbsp; Penser la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":452,"parent":232,"menu_order":11,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_fr_post_content":"<p style=\"text-align: left;\">Comprendre les rapports de l\u2019un et du multiple \u2013 c\u2019est l\u00e0 une interrogation aussi ancienne qu\u2019un d\u00e9fi redoutable. La r\u00e9alit\u00e9 sociale, objet complexe par excellence, n\u2019\u00e9chappe \u00e9videmment pas \u00e0 ce questionnement et le programme Soci\u00e9t\u00e9s plurielles voudrait \u00eatre sa bo\u00eete de r\u00e9sonance en contestant la dimension apor\u00e9tique qu\u2019on lui pr\u00eate traditionnellement.<\/p>\r\n&nbsp;\r\n<h2 style=\"text-align: left;\">Penser la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\r\n&nbsp;\r\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Notre premier d\u00e9fi est d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique<\/strong>. Dans un contexte post-structuraliste, o\u00f9 le postmodernisme et la d\u00e9construction ont laiss\u00e9 durablement leur empreinte, comment peut-on encore utiliser ce vocable trop simple, trop traditionnel et trop convenu de \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb ? D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, ne risque-t-on pas, comme il en va \u2013 nous dit-on \u2013 dans la physique contemporaine, de d\u00e9truire notre objet d\u2019\u00e9tude par le simple fait de poser un regard ac\u00e9r\u00e9 et hyper analytique sur lui ? Et le refus justifiable de toute forme d\u2019essentialisme n\u2019aboutit-il pas \u00e0 formuler des hypoth\u00e8ses aussi radicales les unes que les autres, mais qui, pour novatrices qu\u2019elles soient, conduisent \u00e0 des formes d\u2019agnosticisme qui sont comme les trous noirs de la science positive ? Notre groupe de recherche est divers, et fait usage d\u2019un large spectre d\u2019acceptions de la notion de \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb ; pour autant, nous nous accordons sur la pertinence et, pour ainsi dire, l\u2019op\u00e9rativit\u00e9 de cette derni\u00e8re notion : autrement dit, sur le fait que quelque chose qui s\u2019appelle soci\u00e9t\u00e9 est bien observable et identifiable dans un espace-temps donn\u00e9 et n\u2019est ni une illusion de la conscience vulgaire ni celle d\u2019une demi-science trop na\u00efve. Car comment penser le \u00ab\u00a0multiple\u00a0\u00bb sans le \u00ab\u00a0un\u00a0\u00bb ? Comment penser \u00ab\u00a0le pluriel\u00a0\u00bb \u2013 la pluralit\u00e9 \u2013 sans la \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb ?<\/p>\r\n&nbsp;\r\n<h2 style=\"text-align: left;\">La notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb<\/h2>\r\n&nbsp;\r\n<p style=\"text-align: left;\">Un deuxi\u00e8me d\u00e9fi, toujours d\u2019ordre \u00e9pist\u00e9mologique, revient \u00e0 donner \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb (pluralit\u00e9) un contenu conceptuel, qui aille au-del\u00e0 de l\u2019acception commune du terme et qui soit en mesure de <strong>subsumer les diff\u00e9rentes expressions sociales du \u00ab\u00a0multiple\u00a0\u00bb<\/strong>. \u00ab\u00a0Ce qu\u2019il y a de plus difficile, c\u2019est de voir ce qui est \u00e9tal\u00e9 sous nos yeux\u00a0\u00bb, disait le philosophe Wittgenstein. \u00ab\u00a0Ce qui est \u00e9tal\u00e9 sous nos yeux\u00a0\u00bb, c\u2019est le r\u00e9el \u2013 le ph\u00e9nom\u00e8ne, ce qui appara\u00eet \u2013 dans son \u00e9vidence. Une \u00e9vidence qui s\u2019impose \u00e0 tous. Qui contesterait le fait que nos soci\u00e9t\u00e9s ne soient \u00ab\u00a0plurielles\u00a0\u00bb ; qu\u2019elles tendent chaque jour \u00e0 l\u2019\u00eatre davantage en raison, notamment, des migrations ; et qu\u2019il n\u2019est gu\u00e8re de soci\u00e9t\u00e9 \u00e9loign\u00e9e et \u2013 diraient certains \u2013 \u00ab\u00a0pr\u00e9serv\u00e9e\u00a0\u00bb, dont l\u2019avenir ne sera sinon m\u00e9lange et m\u00e9tissage, du moins complexit\u00e9 et pluralit\u00e9 ? \u00ab\u00a0Ce qu\u2019il y a de plus difficile\u2026\u00a0\u00bb Une trop grande familiarit\u00e9 emp\u00eache de voir\u2026 et par cons\u00e9quent de penser, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019appr\u00e9hender, de mesurer, et de conceptualiser. Notre projet de recherche na\u00eet de la vive conscience que son sujet risque justement d\u2019\u00eatre par trop \u00e9vident, par trop actuel, par trop \u00ab\u00a0soci\u00e9tal\u00a0\u00bb. Et que le danger de trouver confort et paresse intellectuels \u00e0 analyser de fa\u00e7on superficielle cette diversit\u00e9 et pluralit\u00e9 n\u2019est pas petit, surtout si on devait le faire \u00e0 l\u2019horizon d\u2019un certain nombre d\u2019\u00ab\u00a0affects tristes\u00a0\u00bb \u2013 pour parler comme Spinoza \u2013, d\u2019inqui\u00e9tudes, de fantasmes ou, en sens contraire, d\u2019affects positifs et messianiques. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 donc : avec la crainte de perdre son identit\u00e9 ; de l\u2019autre, avec l\u2019esp\u00e9rance de d\u00e9passer le holisme national en vue d\u2019un cosmopolitisme int\u00e9gral.<\/p>\r\n&nbsp;\r\n<h2 style=\"text-align: left;\">Comment notre objet intellectuel est-il construit ?<\/h2>\r\n&nbsp;\r\n<p style=\"text-align: left;\">Premi\u00e8rement, nous partons d\u2019une acception large de la <strong>notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb, entendue comme discontinuit\u00e9 observable dans un espace-temps social donn\u00e9<\/strong>. Ces discontinuit\u00e9s peuvent \u00eatre le r\u00e9sultat de la mobilit\u00e9 humaine, ou intrins\u00e8ques \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ; elles peuvent s\u2019inscrire dans la synchronie ou pr\u00e9senter un caract\u00e8re \u00e9volutif ; elles peuvent s\u2019exprimer dans le registre des formes symboliques (religion, langue, art, etc.) ou dans le registre temporel (les multiples trajectoires d\u2019un m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne historique); enfin ces discontinuit\u00e9s rev\u00eatent une dimension axiologique lorsqu\u2019elles emportent l\u2019adh\u00e9sion ou deviennent un objectif \u00e0 atteindre (et dans ce cas on parle de pluralisme comme valeur d\u00e9mocratique) ou, au contraire, lorsque le discontinu et la diversit\u00e9 engendrent rejet et marginalisation. Cette d\u00e9finition, pour ne pas \u00e9puiser le contenu de la notion de \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb, d\u00e9ploie tout autant de probl\u00e9matiques et d\u2019angles de vue que le programme Soci\u00e9t\u00e9s plurielles entend aborder.<\/p>\r\n&nbsp;\r\n<p style=\"text-align: left;\">Deuxi\u00e8mement, nous introduisons une <strong>dimension comparative d\u2019ordre historique<\/strong>, autrement dit, nous faisons appel \u00e0 l\u2019\u00e9tude des \u00e9poques recul\u00e9es \u00e0 la fois pour elles-m\u00eames, en tant que survivances m\u00e9morielles engendrant des discontinuit\u00e9s symboliques et \u00e9galement parce que nous vivons et agissons selon la dynamique du pass\u00e9 vivant \u2013 s\u2019il est vrai que, comme Auguste Comte l\u2019a dit dans une formule frappante : \u00ab\u00a0les morts gouvernent les vivants\u00a0\u00bb. Rappelons, \u00e0 titre d\u2019exemple, la dialectique \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019\u00e9tude de ce qui est contemporain et dans celle de l\u2019Antiquit\u00e9 chez de nombreux sociologues dont Max Weber et Samuel Noah Eisenstadt. En se penchant sur les religions anciennes, ni l\u2019un, ni l\u2019autre ne nourrit un int\u00e9r\u00eat antiquaire pour les temps recul\u00e9s mais ils cherchent tous deux \u00e0 expliquer le changement social en g\u00e9n\u00e9ral et les m\u00e9canismes \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 leur \u00e9poque en particulier. Certes, d\u2019un point de vue m\u00e9thodologique, on ne doit pas perdre de vue que les \u00e9poques historiques sont des \u00ab\u00a0territoires des \u00e9carts\u00a0\u00bb, pour reprendre une formule de Florence Dupont. Leur \u00e9tude est n\u00e9anmoins un instrument heuristique incontournable pour penser le contemporain.\u2028 L\u2019\u00e9paisseur analytique et l\u2019\u00e9paisseur historique du \u00ab\u00a0pluriel\u00a0\u00bb sont les deux instruments \u00e9pist\u00e9mologiques qui nous aident \u00e0 aller au-del\u00e0 de la simple \u00e9vidence.\r\n<h2 style=\"text-align: left;\">Quels questionnements cette notion suscite-t-elle ?<\/h2>\r\n<p style=\"text-align: left;\"><\/p>\r\n<p style=\"text-align: left;\">De notre synergie intellectuelle quelques id\u00e9es et objectifs majeurs ont surgi.\u2028D\u2019une part, il s\u2019agira de renouveler les approches portant sur les effets de la circulation des hommes et des biens mat\u00e9riels et immat\u00e9riels. Le monde contemporain se vit et se lit \u00e0 travers <strong>les paradigmes de la mondialisation et de la globalisation<\/strong>. L\u2019humanit\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019exp\u00e9rience de tels ph\u00e9nom\u00e8nes (la M\u00e9diterran\u00e9e antique, le si\u00e8cle des grandes d\u00e9couvertes, l\u2019apr\u00e8s-guerre) mais l\u2019intensit\u00e9 et l\u2019ampleur de la mobilit\u00e9 plan\u00e9taire semble sans pr\u00e9c\u00e9dent. Se pose l\u00e9gitimement la question d\u2019\u00e9valuer la port\u00e9e de ce changement d\u2019\u00e9chelle. \u2028Quelle est l\u2019image qui rend le mieux compte de cette r\u00e9alit\u00e9 : celle du \u00ab\u00a0village plan\u00e9taire\u00a0\u00bb \u2013 \u00ab\u00a0small world\u00a0\u00bb \u2013 ou celle d\u2019un retour au territoire ? Doit-on opposer ces deux visions ou les articuler dans une dialectique \u00e0 d\u00e9finir ? Comment se con\u00e7oivent, dans ce contexte, les cat\u00e9gories de \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb ? L\u2019\u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb existe-t-il ? Comment la cat\u00e9gorie de \u00ab\u00a0virtuel\u00a0\u00bb (Internet) intervient-elle dans la d\u00e9finition et la perception du \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb et de l\u2019\u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb ?\r\n\r\n<p style=\"text-align: left;\">Le <strong>ph\u00e9nom\u00e8ne de la reterritorialisation<\/strong> soul\u00e8ve une autre question, d\u2019ordre anthropologique. Sommes-nous en train d\u2019assister \u00e0 la r\u00e9int\u00e9gration du \u00ab\u00a0milieu\u00a0\u00bb parmi les facteurs qui d\u00e9terminent l\u2019homme ? Autrement dit, sommes-nous en train de renoncer ou d\u2019adapter l\u2019adage cart\u00e9sien : \u00ab\u00a0j\u2019\u00e9tais une substance dont toute l\u2019essence ou la nature n\u2019est que de penser, et qui, pour \u00eatre, n\u2019a besoin d\u2019aucun lieu, ni ne d\u00e9pend d\u2019aucune chose mat\u00e9rielle\u00a0\u00bb ? Chercheurs occidentaux et non-occidentaux proposent aujourd\u2019hui un nouveau cadre conceptuel pour penser la d\u00e9termination de l\u2019homme et notre programme devra aborder \u00e9galement cette question.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: left;\"><\/p>\r\n<p style=\"text-align: left;\">D\u2019autre part, on reposera <strong>la question des processus de \u00ab\u00a0communication\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des soci\u00e9t\u00e9s plurielles<\/strong>. Un nombre important de concepts anthropologiques, sociologiques ou historiques ont \u00e9t\u00e9 forg\u00e9s pour d\u00e9crire et expliquer les ph\u00e9nom\u00e8nes qui surgissent lorsque deux ou plusieurs cultures entrent en contact. Celles-ci empruntent, s\u2019hybrident, r\u00e9sistent ou s\u2019assimilent. Derri\u00e8re ces r\u00e9sultats observables et partiellement quantifiables, ce sont des processus de production de sens qui se mettent en place et ce sont eux qui nous int\u00e9ressent tout particuli\u00e8rement. Comment les soci\u00e9t\u00e9s cr\u00e9ent-elles du symbolique, dans quelles conditions et en appliquant quelles m\u00e9thodes ? Entre \u00ab\u00a0acculturation\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bricolage\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0branchements\u00a0\u00bb, quelle grille de lecture devrait \u00eatre appliqu\u00e9e et \u00e0 quel contexte ?<\/p>\r\n<p style=\"text-align: left;\"><\/p>\r\n<p style=\"text-align: left;\">Enfin, nous nous attacherons \u00e0 <strong>revisiter la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et de sa pr\u00e9dictibilit\u00e9<\/strong>. Si pr\u00e9c\u00e9demment nous avons mentionn\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de reconsid\u00e9rer les cat\u00e9gories du \u00ab\u00a0proche\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0lointain\u00a0\u00bb, une approche innovante s\u2019impose \u00e9galement dans l\u2019\u00e9valuation des cat\u00e9gories d\u2019\u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb et d\u2019\u00ab\u00a0apr\u00e8s\u00a0\u00bb. Le conflit et la r\u00e9silience, la crise et la sortie de crise, la r\u00e9volution et la post-r\u00e9volution : ce sont autant de faits dont la mod\u00e9lisation ob\u00e9it elle-aussi \u00e0 la logique de la pluralit\u00e9. Ils exigent une r\u00e9flexion d\u2019ordre tant acad\u00e9mique que pratique qui recoupe de multiples approches. Diagnostiquer la situation de rupture, ses facteurs de risque \u2013 qu\u2019ils soient historiques, \u00e9conomiques, politiques, religieux, ou environnementaux \u2013, \u00e9laborer des strat\u00e9gies de d\u00e9passement et de retour au temps ordinaire, \u00e9valuer les cons\u00e9quences de l\u2019\u00e9v\u00e8nement sur le plan de l\u2019individu ou du groupe.<\/p>\r\n<p style=\"text-align: left;\">\r\n\r\n<\/p>\r\n\r\n<pre><a href=\"http:\/\/societesplurielles.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Bibliographie-SP.pdf\" target=\"_blank\"><strong><img class=\"alignleft size-full wp-image-366\" src=\"http:\/\/societesplurielles.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/pdf-icon-e1466586473744.png\" alt=\"pdf-icone\" width=\"48\" height=\"48\" \/>\r\nConsultez la bibliographie de Soci\u00e9t\u00e9s plurielles<\/strong><\/a><\/pre>","_fr_post_name":"approche-conceptuelle","_fr_post_excerpt":"","_fr_post_title":"Approche conceptuelle","_en_post_content":"How to understand the relationship between the individual and the many? This is one of the oldest and, undoubtedly, most challenging of questions. Social reality, a complex object par excellence, is obviously not immune to this inquiry, and the Plural Societies programme aims to act as its sounding board while also challenging the aporia usually associated with it.\n<h2>Thinking about \u2018society\u2019<\/h2>\n<strong>Our first challenge is epistemological in nature<\/strong>. How can we continue to use this all too simple, traditional and convenient term \u2018society\u2019 in a post-structuralist context, in which postmodernism and deconstruction have left their indelible traces? On the other hand, by the mere act of taking a sharp and hyper-analytical look at it, do we not risk destroying our object of study as we\u2019re told is the case in contemporary physics? And does the justifiable rejection of all forms of essentialism not lead to the formulation of hypotheses which, however innovative, are equally radical and lead accordingly to forms of agnosticism akin to the black holes of positivism? Our research group is diverse and applies a wide range of meanings to the notion of \u2018society\u2019. However, we agree on the relevance and, therefore, the operativity of this notion. In other words, we agree on the fact that something that is called society can be observed and identified in a given space-time and is neither an illusion of popular consciousness nor an illusion of an over-naive semi-science. For how can we think about the \u2018many\u2019 without the \u2018one\u2019? How can we think about\u00a0\u2018the plural\u2019 or plurality without society?\n<h2>The notion of the \u2018plural\u2019<\/h2>\nA second \u2013 and again epistemological \u2013 challenge involves imbuing the notion of the \u2018plural\u2019 (plurality) with a conceptual content that goes beyond the accepted meaning of the term and would be capable of <strong>subsuming the different social expressions of the \u2018many\u2019<\/strong>. As the philosopher Wittgenstein remarked, the most difficult thing is to see what is right in front of our eyes. What is always in front of our eyes is the real \u2013 the phenomenon, that which seems \u2013 in its evidence, an evidence that imposes itself on everyone. Who would contest the facts that our societies are \u2018plural\u2019 and are becoming more plural every day, particularly as a result of migration, and that there are hardly any remote and some might say \u2018preserved\u2019 societies, whose future will not be mixed and combined, or at least complex and plural? \u201cThe most difficult thing \u2026\u201d: over-familiarity prevents us from seeing and, therefore, from thinking, that is apprehending, measuring and conceptualizing. Our research programme arose from the keen awareness that its subject runs precisely the risk of being too evident, too current and too \u2018societal\u2019 and that the risk of finding intellectual comfort and laziness in the superficial analysis of this diversity and plurality is not an insignificant one, particularly if it is necessary to do it in the context of a number of \u201csad affects\u201d \u2013 to adopt Spinoza\u2019s expression, i.e. concerns, fantasies or, conversely, positive and messianic affects. Hence, one hand, there is the fear of the loss of identity and, on the other, the hope of going beyond national holism towards an integral cosmopolitanism.\n<h2>Our intellectual object and how it is constructed<\/h2>\nFirst, we start from a broad definition of the <strong>notion of \u2018plural\u2019, which is understood as observable discontinuity in a given social space-time<\/strong>. This discontinuity can be the result of human mobility or intrinsic to society; it can be rooted in synchronicity or be evolutionary in nature; it can express itself in the register of symbolic forms (religion, langue, art etc.) or in the register of time (the multiple trajectories of one and the same historical phenomenon). Finally, this discontinuity assumes an axiological dimension when it attracts a following or becomes an objective to be attained (in this case we refer to pluralism as a democratic value), or, conversely, when the discontinuous and diversity trigger rejection and marginalization. Without exhausting the notion of \u2018plural\u2019, this definition covers the many issues and perspectives that the Plural Societies programme aims to tackle.\n\nSecond, we introduce a\u00a0comparative<strong> dimension of a historical nature<\/strong>. In other words, we avail of the study of previous periods in history, both in themselves and as surviving memories, which engender symbolic discontinuities, and also \u2013 if August Comte\u2019s striking statement that \u201cthe dead govern the living\u201d is true \u2013 because we live and act in accordance with the dynamics of the living past. It is interesting to recall in this regard the dialectic at work in the study of the contemporary and of ancient times by numerous sociologists including Max Weber and Shmuel Noah Eisenstadt. Although they focus on ancient religions, neither has a particular historical interest in far-off times, however they both attempt to explain social change in general and the mechanisms at work in their own times in particular. Of course, from a methodological point of view, the historical periods are \u201cterritoires des \u00e9carts\u201d (\u201cterritories of difference\u201d), to adopt Florence Dupont\u2019s expression. Nonetheless, their study is an indispensable heuristic tool for the examination of the contemporary. The analytical depth and historical depth of the \u2018plural\u2019 are two epistemological instruments that help us to go beyond the simple evidence.\n<h2>What questions does the concept of the \u2018plural\u2019 raise?<\/h2>\nOur intellectual synergy has produced some key ideas and objectives. The approaches adopted to the study of the impacts of the circulation of humans and of material and immaterial goods need to be updated. The contemporary world is lived and read about <strong>through the paradigms of globalization<\/strong>. Humanity has already experienced such phenomena (the ancient Mediterranean, the century of the great discoveries, the post-war period), however the intensity and scale of the current planetary mobility appears to be unprecedented. Hence the question of evaluating the scope of this change in scale is a legitimate one. Which image best reflects this reality: that of the \u2018global village\u2019, the \u2018small world\u2019, or that of a return to the territory? Should these two visions be considered in opposition to each other or as linked in a dialectic to be defined? How should the categories of \u2018near\u2019 and \u2018far\u2019 be conceived in this context? Does the \u2018elsewhere\u2019 exist? How does the category of the \u2018virtual\u2019 (internet) operate in the definition and perception of the \u2018near\u2019, the \u2018far\u2019 and the \u2018elsewhere\u2019?\n\n<strong>The\u00a0phenomenon of reterritorialization<\/strong>\u00a0raises another question of an anthropological nature. Are we in the process of witnessing the reintegration of the \u2018environment\u2019 into the factors that shape and determine humanity? In other words, are we in the process of rejecting or adapting the Cartesian adage: \u201cI was a substance whose whole essence or nature is simply to think, and which does not require any place, or depend on any material thing, in order to exist\u201d? Western and non-western researchers are proposing a new conceptual framework for thinking about the determination of humanity today, and our programme also sets out to tackle this question.\n\nIn addition, we propose to revisit the question regarding <strong>the processes of \u2018communication\u2019 within plural societies<\/strong>. A number of important anthropological, sociological and historical concepts have been developed to describe and explain the phenomena that arise when two or more cultures come into contact with each other: they borrow from each other, hybridize, resist each other or assimilate. Behind these observable and in part quantifiable results lies the emergence of processes for the production of meaning, and this is of particular interest to us. How do societies create symbolic systems, under which conditions and using which methods? Between \u2018acculturation\u2019, bricolage and connections, which framework of interpretation should be applied and to which context?\n\nFinally, we seek to <strong>revisit the issue of the event and its predictability<\/strong>. As already mentioned, there is a need to reconsider the categories of the \u2018near\u2019 and the \u2018far\u2019 and an innovative approach is also required for the evaluation of the categories \u2018before\u2019 and \u2018after\u2019. Conflict and resilience, crisis and recovery, revolution and post-revolution are all facts whose modelling also follows the logic of plurality. They require both academic and practical reflection that incorporates multiple approaches: the diagnosis of rupture and its risk factors (be they historical, economic, religious or environmental), the development of strategies for going beyond and returning to ordinary times, and the evaluation of the consequences of the event at individual or group level.\n<pre><a href=\"http:\/\/societesplurielles.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Bibliographie-SP.pdf\" target=\"_blank\"><strong><img class=\"alignleft size-full wp-image-366\" src=\"http:\/\/societesplurielles.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/pdf-icon-e1466586473744.png\" alt=\"pdf-icone\" width=\"48\" height=\"48\" \/>\nDownload Bibliography<\/strong><\/a><\/pre>","_en_post_name":"conceptual-approach","_en_post_excerpt":"","_en_post_title":"Conceptual Approach","edit_language":"fr","footnotes":""},"class_list":["post-31","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1425,"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31\/revisions\/1425"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/232"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/452"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/societesplurielles.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}