Responsables du projet intégré : Gilles Lepesant (Sciences Po, Géographie-Cités) et Florence Mourlhon-Dallies (Université Paris Descartes, EDA)

Les villes européennes sont confrontées à de nouvelles formes de mobilité, de développement, de pratiques patrimoniales et urbanistiques qui interrogent leur rapport à elles-mêmes, à l’Europe et au reste du monde.

Le projet CITÉ privilégie ici les démarches qualitatives centrées sur l’étude interdisciplinaire des modes de partage et d’investissement des territoires urbains, tant au plan concret que symbolique. A l’heure où les villes européennes sont confrontées à de nouvelles formes de mobilité, de développement qui suscitent tantôt des stratégies d’ouverture et d’accueil, tantôt des réactions de fermeture, il paraît important de déterminer par quels processus précis des groupes et des sous-groupes se forment ou se défont, inventent ou subissent des modèles de présence et d’action dans des espaces finis. Le groupe se propose notamment d’analyser comment les différents acteurs des territoires étudiés se définissent les uns par rapport aux autres, entre stéréotypes et réinvention de soi.

Au regard des thématiques étudiées, les villes européennes font-elle apparaître des approches convergentes susceptibles de donner un sens à la notion de « ville européenne » ou adoptent-elles au contraire des trajectoires divergentes renvoyant à l’incertitude qui entoure le projet européen dans son ensemble ?

Sensibles au « pluriel », les chercheurs de CITÉ se placent au croisement des modes de gouvernances institués (qu’ils soient locaux, régionaux, nationaux, européens ou mondiaux) et des dynamiques de terrain, qui construisent des regroupements, des exclusions, des recompositions. Dans ce champ de forces en tension, économistes, historiens, géographes, linguistes, civilisationnistes réinterrogent les notions de cohésion et d’identité, en privilégiant pour objet d’étude le territoire urbain.

Travaux et manifestations associées

L’ « Observatoire interactif des mobilités » (OIM)

Avec Liliane Crips (SP), Patrick Renaud (SP), Alain Pélissier (SP), Myrielle Hammer (École Nationale d’architecture de Paris Val de Seine), Thierry Arnold (Association des Cités du Secours Catholique), Andrea Grecu (Univ. Bucarest), Iwona Piechnik (Univ. Cracovie), Attila Papp et Ivan Bajomi (Univ. Budapest).

O.I.M. est un projet de mise en place de dispositifs d’observation, d’analyse, de description et d’archivage de pratiques sociales (de la rencontre entre inconnus à la participation plurielle) entre des personnes en dérive, participant de la perte d’autonomie sociale (par précarité de toute origine : chômage, rupture familiale, perte de domicile, migration, demande d’asile, « aphasie » transitoire, etc.), des personnes autonomes, acteurs dans leur société, membres d’institutions, associations, collectifs d’accueil ou de rejet, dans l’espace de leur ville, quartier, arrondissement ou autre espace public .

Il s’agit d’un projet de recherche interdisciplinaire (sciences du langage, sociologie, architecture urbaine, géographie, économie, histoire, littérature, anthropologie) sur la diversité des ressources offertes et des obstacles opposés par les membres d’un « in-group » urbain autochtone aux membres d’ « out-groups » perçus comme défigurant la ville par l’usage dégradant qu’ils en font. Les membres de ce projet se proposent de suivre, pas à pas, l’élaboration et le partage de sens présidant à la mise en œuvre et au développement de solutions pouvant conduire à la reconstruction de son autonomie sociale chez l’exclu, dans une participation plurielle entre membres de l’un et l’autre groupes.

ETUVE (Études sur les territoires urbains et les villes d’Europe)

Avec Gilles Lepesant (Sciences Po, Géographie-Cités), Alain Pélissier (École Nationale Supérieure d’Architecture Paris Val de Seine), Marie-Louise Pelus-Kaplan (Université Paris Diderot, ICT), Dominique Rivière (Université Paris Diderot, Géographie-Cités).

MANUCOOP

Avec Petia Koleva (Université Paris Diderot, LADYSS), Yorgos Rizopoulos (Université Paris Diderot, LADYSS), Pascal Grouiez, (Université Paris Diderot, LADYSS), Eric Magnin (Université Paris Diderot, LADYSS), Violaine Delteil, (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, ICEE).

Depuis les années 1980, l’hégémonie de la finance puis l’effondrement des économies planifiées ont érigé le marché comme mécanisme central de régulation des crises économiques. Une vision alternative, tournée vers les autres sciences sociales, permet de considérer l’économie comme une sphère « encastrée » dans le reste de la société. Il s’agit de démontrer qu’il n’existe pas une one best way d’innovation sociale face aux crises, ni un seul assemblage de modes de coordination entre l’Etat, le système productif et financier et les individus. Ce sous-projet interroge les enjeux soulevés par les coopératives et l’émergence de nouvelles formes d’entreprendre qui prennent notamment appui sur des types renouvelés de mobilisation citoyenne.

Déploiement des langues dans l’espace urbain

Avec Florence Mourlhon-Dallies (Université Paris Descartes, EDA)

Ce sous-projet, initié en 2014 en collaboration avec l’université du Luxembourg et les étudiants de deux masters (Signes, Discours, Monde Contemporain, pour Paris Descartes et Multicultural Learning, au Luxembourg) étudie le déploiement des langues dans l’espace urbain. La prochaine étape serait l’étude des paysages linguistiques à Sarajevo.

Sociétés plurielles contemporaines

Avec Judit Maar (Sorbonne Paris Nouvelle, CIEH & CIEFI)

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