Responsables du projet intégré : Hui-yeon KIM (INALCO) et Sophie Coeuré (Université Paris Diderot, ICT)

Comment travailler sur les différentes sociétés « connectées » qu’impliquent les mobilités dites « transnationales » ? La métaphore du réseau est souvent trompeuse et téléologique. Elle justifie parfois l’étude d’un processus d’internationalisation sans objet spécifique ni limites. Cette critique ne remet pas en cause la prise en compte de la spécificité de certaines circulations et des logiques d’institutionnalisations qu’elles peuvent susciter. Cependant, la compréhension de ce niveau « transnational » d’action ne doit pas présupposer l’importance de ces liens ou leur réciprocité. Elle ne peut appuyer une approche de la « mondialisation » considérée implicitement comme un processus de modernisation. Pour cela, il faut reconstituer l’espace de manœuvre des acteurs (personnes ou institutions) investissant ce champ, et donc comprendre le système d’organisations le déterminant du niveau local au niveau international. C’est seulement, dans ce cadre, que l’on peut comprendre la diversité de la constitution de réseaux transnationaux particuliers (politique, culturel et religieux), la reconnaissance d’expertises ou de pensées originales.

Thématiques et manifestations scientifiques associées

Pluralisme religieux en Asie

Le Groupe Pluralisme religieux en Asie se propose d’analyser les réseaux des anciennes et des nouvelles religions à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’Asie. Cela permettra de mettre en lumière le rôle des « acteurs religieux » dans la transmission du savoir, la transformation de la territorialité des croyances et des cultes et la redéfinition d’identités individuelles et collectives. Dans quelle mesure un accroissement de la mobilité religieuse peut-il être un facteur d’homogénéisation de doctrines orthodoxes et d’immobilité avec le renforcement d’un pouvoir central au détriment de pratiques alternatives ? Ou, au contraire, la mobilité extrême ne conduit-elle à l’émergence d’un esprit critique, d’une hybridation et d’une appropriation des textes, et ainsi à la constitution de communautés religieuses nouvelles ? Nous proposons d’organiser une série de journées d’études internationales en partenariat avec les collègues de l’Université Nationale de Singapour et de l’Irasec. Ces workshops seront consacrés principalement à trois aspects de cette “mobilité religieuse”: les acteurs (spécialistes et laïcs), la création de textes et de pratiques et la constitution de nouveaux espaces religieux, dans le cadre d’une approche transnationale et multi-située.

 

Avec Delphine Allès (UPEC, LIHPA-PE), Claire Tran (Université Paris Diderot, CESSMA), Ji Zhe (INALCO), Kim Hui-Yeon (INALCO, CECO), Sébastien Billioud (INALCO, CESSMA), Florence Galmiche (Université Paris Diderot, CESSMA).

Avec Frédéric BOZO (Sorbonne Nouvelle Paris 3, ICEE), Gabrielle Chomentowski (INALCO), Sophie Coeuré (Université Paris Diderot, ICT), Pascal Grouiez (Université Paris Diderot, LADYSS),  Catherine Poujol (INALCO), Elena Smirnova (Université Paris Diderot, ICT), Anne De Tinguy (INALCO, CREE et CERI).

Le Groupe Pluralisme politique s’intéresse aux questions du pluralisme politique, de la diffusion des normes et la promotion de la démocratie. Elles seront abordées par l’étude de l’essor des contacts et des réseaux entre sociétés, de l’interaction entre gouvernements et sociétés, des itinéraires individuels, en particuliers de dissidents. La perspective est comparatiste, multiscalaire (Europe de l’Ouest, Europe orientale, Caucase, Europe méditerranéenne, Afrique) et pluridisciplinaire (en travaillant notamment sur le lien entre économie et politique).

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